Les vendeuses, d’après le texte de Zola
Les vendeuses du Bonheur des Dames forment, dans le roman de Zola, un petit peuple à part : vêtues de la robe de soie réglementaire, logées sous les combles, nourries au réfectoire, debout treize heures par jour. Au chapitre X, la maison en compte deux cents. Denise fait leur apprentissage aux confections.
La vie des vendeuses est rude : chambres glacées l’hiver, pieds meurtris, débutantes payées au pair sur leurs seules ventes, jalousies entre rayons, renvois brutaux, grossesses cachées pour ne pas perdre sa place. Beaucoup ont un amant qui les attend le soir sur la place Gaillon ; Bouthemont les décrit comme une classe à part, entre la boutiquière et la dame.
Le roman montre aussi l’amélioration de leur sort : chambres plus confortables dans les bâtiments neufs, salon de réunion avec piano, puis, grâce à Denise, des auxiliaires pour porter les articles et une sage-femme pour les vendeuses mariées enceintes.
Avant un oral, relisez le passage cité dans son chapitre entier : une phrase prise seule perd vite son ironie, ou sa tendresse.