Service à thé en porcelaine fleurie sur une nappe ronde au crochet, dans un salon ancien au fauteuil de velours rouge
Photographie de Erik Mclean, Pexels, Licence Pexels.

Un cadeau de Noël pour sa belle-mère, sans faux pas

Le cadeau de Noël le plus sûr pour une belle-mère est celui qu’elle a demandé ou laissé entendre. À défaut : une année de visites, un beau livre, une plante qui refleurit.

Par Victoire Deslandes7 min de lecture

Il y a les belles-mères qui envoient leur liste des semaines à l’avance, et celles qui jurent n’avoir besoin de rien. Dans les deux cas, le bon cadeau de Noël pour une belle-mère part de ce qu’elle a dit ou laissé entendre, se choisit avec votre conjoint, et ne cherche pas à donner une image de vous. À défaut d’indice, une sortie à vivre, un beau livre ou une plante qui refleurit l’hiver suivant sont des choix sûrs ; le parfum, le vêtement et la décoration, beaucoup moins.

Sa liste d’abord, la surprise ensuite

Vouloir surprendre sa belle-mère est l’erreur la plus répandue, et la mieux intentionnée. Les chercheurs Jeff Galak, Julian Givi et Elanor Williams ont passé en revue les travaux consacrés au cadeau ; leur synthèse, présentée par l’Association for Psychological Science, range parmi les fautes courantes le fait d’offrir hors de la liste pour créer l’effet de surprise :

Giving unrequested gifts in an effort to surprise the recipient, when they are likely hoping for a gift from a pre-constructed list or registry

Association for Psychological Science, à propos des travaux de Galak, Givi et Williams

En clair, la personne qui a pris la peine d’exprimer un souhait espère le plus souvent le voir exaucé. Avec une belle-mère, l’enjeu est double : suivre sa liste montre que vous l’avez prise au sérieux, et vous évite de deviner des goûts que vous connaissez encore mal. La surprise n’est pas interdite pour autant ; elle se loge dans la manière d’offrir, dans la carte, dans un petit ajout, pas dans le choix de l’objet principal.

Votre conjoint, meilleur informateur

Votre conjoint connaît sa mère depuis toujours : c’est la première personne à consulter, et souvent la seule qui sache ce qu’elle a déjà reçu les années précédentes. Posez des questions précises plutôt que de demander vaguement une idée : ce qu’elle lit en ce moment, ce qui s’est cassé chez elle ces derniers mois, la sortie dont elle parle sans jamais la faire.

Décidez aussi ensemble de la signature. Un cadeau commun, signé de vos deux prénoms, évite la comparaison entre le cadeau de son enfant et celui de sa belle-fille ou de son gendre. Si vous tenez à une attention personnelle, gardez-la modeste et en accord avec le cadeau principal : une carte écrite de votre main, un petit livre, une fleur.

Respectez enfin les habitudes de sa famille. Certaines familles offrent beaucoup, d’autres presque rien, d’autres encore tirent au sort un seul destinataire. Arriver avec un cadeau luxueux dans une famille sobre met aussi mal à l’aise qu’un cadeau symbolique dans une famille généreuse.

Ce qu’on évite d’offrir à une belle-mère

Trois familles de cadeaux demandent une connaissance intime de la personne, et c’est précisément ce qui manque souvent entre une belle-mère et la personne qui partage la vie de son enfant.

  • Le parfum. Une femme choisit son parfum ; elle adopte rarement celui qu’on choisit pour elle. Offrez-le seulement si vous connaissez exactement le sien, flacon et concentration compris ; notre guide sur le parfum à offrir à une femme vous aide à trancher.
  • Le vêtement. Une taille demandée ou devinée crée une gêne, dans un sens comme dans l’autre. Seules exceptions : les pièces sans taille, comme une écharpe ou des gants de belle facture.
  • La décoration. Son intérieur lui ressemble, et un objet qu’elle n’aurait pas choisi devra être exposé à chacune de vos visites.

Ajoutez à cette liste tout ce qui porte un message involontaire : soins anti-âge, livres de régime, objets pour mieux ranger une maison. Un cadeau pratique peut être excellent, à condition qu’il figure sur sa liste.

Une année de visites avec l’abonnement Passion monuments

Une sortie offerte laisse souvent un meilleur souvenir qu’un objet de plus sur une étagère. La synthèse de l’Association for Psychological Science compte d’ailleurs parmi les erreurs fréquentes le réflexe de privilégier un objet quand une expérience, des places de théâtre par exemple, procurerait plus de plaisir par la suite. Pour une belle-mère qui aime les vieilles pierres, les jardins ou les expositions, l’abonnement annuel du Centre des monuments nationaux est une idée élégante.

Selon la présentation officielle de l’abonnement Passion monuments, il donne pendant un an un accès illimité à plus de 80 monuments en France, expositions temporaires comprises, avec des réductions dans les librairies-boutiques du réseau : 5 % sur les livres, 10 % sur les autres produits. Châteaux, abbayes, jardins, grottes préhistoriques : de quoi composer une année de sorties, seule, avec une amie ou avec vous.

Deux précisions avant d’acheter. L’abonnement est strictement nominatif, comme le précise le Centre : « Passion monuments is strictly personal and non-transferable and cannot be used by groups, even independent ones. » Et s’il est acheté sur place, dans un monument, on vous remet un bon qui doit être converti en abonnement sur le site du Centre : « The voucher is not a subscription but a temporary ticket issued at the ticket office, which must be converted within 5 days of purchase. » Autrement dit, le bon doit être converti dans les cinq jours qui suivent l’achat. Achetez-le juste avant de l’offrir, et convertissez-le avec elle sans attendre.

Un beau livre, choisi chez un libraire

Le beau livre reste le cadeau des belles-mères curieuses : un peintre qu’elle admire, la région où elle passe ses étés, la cuisine d’un pays qu’elle a visité, un grand jardin. En France, le prix ne vous oblige pas à comparer. Comme le rappelle le ministère de la Culture dans son retour sur la loi du prix unique, « les détaillants devront, sauf exception, pratiquer un prix effectif de vente au public compris entre 95 % et 100 % du prix fixé par l'éditeur ou l'importateur. »

Puisque le prix est quasiment le même partout, autant profiter de ce que le rayon d’une grande surface ne donne pas : le conseil. Le ministère souligne que cette loi a permis de soutenir « le dynamisme d’un réseau inégalé de librairies indépendantes pour le plus grand profit des lecteurs ». Décrivez votre belle-mère au libraire, ses passions, ses dernières lectures aimées : il vous proposera des titres auxquels vous n’auriez pas pensé. Demandez-lui au passage s’il accepte l’échange en cas de doublon.

Un beau livre a un autre mérite avec une belle-mère : il ouvre la conversation. Vous l’avez choisi pour elle, elle vous en parlera à la visite suivante, et c’est souvent ainsi qu’un lien encore neuf prend de l’épaisseur.

L’amaryllis, un cadeau qui revient chaque hiver

Pour une belle-mère qui jardine, même sur un rebord de fenêtre, une amaryllis en pot est un joli symbole : bien soignée, elle refleurit l’hiver suivant, et votre cadeau revient avec elle. La Société nationale d’horticulture de France décrit les soins d’après floraison, et ils tiennent en quelques gestes.

La première consigne de la SNHF est brève : « Après la floraison, couper la hampe florale. » Il faut ensuite continuer d’arroser jusqu’en août, puis espacer les arrosages jusqu’à ce que le feuillage jaunisse et disparaisse : c’est la période de repos. Le bulbe se retire alors du pot et se conserve au sec, vers 10 °C, jusqu’à sa replantation en novembre ou en décembre.

Recopiez ces consignes sur une jolie carte glissée avec le pot. Le cadeau devient une petite tradition : la plante fleurit chaque hiver, et votre belle-mère pense un peu à vous en la regardant. C’est une attention discrète, qui ne s’impose pas dans sa décoration.

Le bon cadeau selon votre relation avec elle

La relation avec une belle-mère va de la complicité franche à la cordialité prudente. Le cadeau suit cette distance : plus elle est grande, plus le choix doit rester neutre et collectif.

Votre relationLa piste qui fonctionneÀ éviter
Premier Noël dans sa familleUn cadeau commun choisi par votre conjoint, une fleur ou un livre de votre partUn cadeau coûteux qui semble vouloir impressionner
Relation cordiale, encore réservéeUn objet de sa liste, un beau livre conseillé par un libraireParfum, vêtement, décoration
Vraie complicitéUne sortie à deux, une année de visites, un atelier partagéLe cadeau passe-partout qui ignore cette complicité
Famille recomposéeUn cadeau signé par tout le foyer, enfants comprisTout ce qui invite à la comparer à une autre femme de la famille
Relation tendueUn consommable de qualité : chocolat d’artisan, thé, fleursTout objet qui porte un message sur sa façon de vivre

Le mot qui accompagne le cadeau

La carte compte presque autant que le cadeau. Trois lignes suffisent, à condition d’être précises : la recette d’elle que vous refaites, la manière dont elle a accueilli vos enfants, le jardin que vous admirez à chaque visite. Un compliment exact touche davantage qu’une formule enthousiaste.

Si vous cherchez aussi pour votre propre mère, les deux cadeaux ne se ressemblent pas forcément : le guide des cadeaux pour sa mère part d’une intimité que la relation avec une belle-mère n’a pas toujours. Et pour garder un budget cohérent entre les deux côtés de la famille, notre sélection de cadeaux pour elle, classée par budget donne des repères.

Mon avis : dans le doute, offrez à deux, offrez ce qu’elle a demandé, et gardez votre originalité pour la carte.

Vos questions

Combien dépenser pour le cadeau de Noël de sa belle-mère ?

Le plus simple est d’aligner ce budget sur celui du cadeau fait à vos propres parents, pour éviter toute comparaison. Décidez-en avec votre conjoint, qui connaît les habitudes de sa famille. Un cadeau très au-dessus des usages met aussi mal à l’aise qu’un cadeau trop symbolique. L’essentiel reste qu’il corresponde à ce qu’elle aime.

Faut-il offrir un cadeau commun avec son conjoint ?

Le plus souvent, oui. Un cadeau commun, signé de vos deux prénoms, évite que votre présent soit comparé à celui de son enfant, et il s’appuie sur ce que votre conjoint sait de sa mère. Vous pouvez y ajouter une attention personnelle modeste, une carte ou une fleur, surtout les premières années. Un cadeau séparé se justifie quand vous partagez avec elle une passion que votre conjoint n’a pas.

Que peut-on offrir à une belle-mère qui dit n’avoir besoin de rien ?

Une expérience plutôt qu’un objet : une sortie, une année de visites de monuments, une place de concert ou un atelier. La synthèse sur le cadeau présentée par l’Association for Psychological Science note qu’une expérience procure plus de plaisir dans la durée qu’un objet de plus. Les consommables de qualité, chocolat d’artisan, thé ou fleurs, sont une autre voie sûre. Évitez simplement tout ce qui devra trouver une place chez elle.

Peut-on offrir un vêtement ou un objet de décoration à sa belle-mère ?

C’est risqué tant que vous ne connaissez pas parfaitement ses goûts. Un vêtement suppose de connaître sa taille et son style, et un objet de décoration devra être exposé chez elle même s’il lui déplaît. Si elle a demandé une pièce précise, suivez sa demande à la lettre, référence et coloris compris. Sinon, préférez les pièces sans taille, comme une écharpe ou des gants de belle facture.