Chic mais confortable : la tenue du repas de famille
Assez habillée pour marquer la fête, assez souple pour rester assise des heures : les coupes, les matières et les chaussures d’une tenue de repas de Noël qui tient jusqu’au dessert.
Il y a celle qui reçoit et passera la moitié du repas entre la table et le four, celle qui arrive les bras chargés de paquets, et celle qui aura un neveu sur les genoux dès le dessert. Pour toutes les trois, la bonne tenue de repas de Noël en famille obéit à la même équation : assez habillée pour marquer la fête, assez souple pour rester assise des heures sans y penser.
Concrètement, cela donne une pièce qui fait l’élégance (blouse soyeuse, pull fin de belle matière, robe en maille), une taille qui ne serre pas, des matières qui supportent la chaleur d’une pièce pleine de monde, et des chaussures dans lesquelles on peut rester debout en cuisine. Tout le reste est affaire de dosage.
Le code vestimentaire du repas de famille : un smart casual qui ne dit pas son nom
Le repas de Noël en famille n’a presque jamais de dress code écrit, et c’est précisément ce qui le rend délicat. Il se situe le plus souvent entre la tenue de tous les jours et la tenue de soirée : ce que les Anglais appellent le smart casual.
L’institution britannique de l’étiquette Debrett’s, dans son guide des codes vestimentaires, présente ce code comme le plus répandu de tous et en résume la difficulté en une phrase : « Smart casual is a bit of a ‘catch-all’ dress code, so it is best to think about the context before choosing your outfit. » Pour une femme, le même guide cite la robe, la jupe ou le pantalon habillé, éventuellement avec une veste ; le contexte fait monter ou descendre le curseur.
Dans une famille, ce contexte se lit à trois indices : la table (nappe blanche et argenterie, ou plateaux sur les genoux), l’heure (un déjeuner est plus détendu qu’un dîner) et l’habitude de la maison (se change-t-on pour passer à table, ou vient-on comme on est ?). En cas de doute, montez d’un cran plutôt que d’en descendre : on retire plus facilement une veste qu’on ne rattrape un sweat.
Le confort n’a jamais été l’ennemi de l’élégance
L’idée qu’une tenue chic doit faire un peu souffrir ne résiste pas à l’histoire de la mode. Le Metropolitan Museum of Art, dans la notice d’une robe du soir de la maison Chanel conservée par son Costume Institute, l’écrit noir sur blanc : « Gabrielle Chanel is the designer most responsible for establishing the modern way of dressing that encompasses comfort, function and simplicity. »
Le musée ajoute que son sens du « casual chic » a dominé la mode des années folles. C’est exactement l’esprit d’un repas de famille réussi : des lignes simples, des matières souples, un accessoire qui signe la tenue. Une robe en maille fine avec un rang de perles, un pantalon fluide avec une blouse en soie : on est bien, et on est habillée.
J’ai un faible pour la robe pull en maille fine, longue et droite, avec des bottes plates et des créoles dorées. Elle a l’allure d’une tenue réfléchie et le confort d’un vêtement d’intérieur, ce qui est très exactement ce qu’on demande à un déjeuner de Noël.
Une taille qui ne serre pas, de l’entrée à la bûche
Le point faible d’une tenue de repas de famille, c’est la taille. Ce qui semblait parfait debout devant le miroir devient une contrainte à la troisième heure assise. Choisissez des coupes qui laissent de la place sans paraître négligées.
| La pièce | Pourquoi elle tient tout le repas | Le piège à éviter |
|---|---|---|
| La robe portefeuille | Le lien se desserre discrètement et le décolleté reste réglable | Un tissu trop fin qui s’ouvre quand on s’assoit |
| La robe pull en maille fine | Elle suit le corps sans le comprimer et se porte avec des bottes | Une maille épaisse qui tient trop chaud à table |
| Le pantalon large à taille haute | La ceinture élastique ou à cordon disparaît sous une blouse ou un pull | Un tissu qui marque aux genoux après des heures assise |
| La jupe midi plissée | Les plis accompagnent chaque changement de position | Une longueur trop courte pour s’asseoir par terre avec les enfants |
| La blouse ample, rentrée à moitié | Elle habille un pantalon simple et flotte au-dessus de la taille | Des manches larges trop près des bougies et des plaques |
À éviter en revanche : le jean brut rigide, la robe fourreau, la ceinture bijou serrée au dernier cran. Ce sont de belles pièces, mais pour une soirée courte où l’on reste debout, pas pour un repas qui commence à midi et s’achève à la nuit tombée.
Les matières face à la chaleur, au four et aux bougies
Une salle à manger pleine de monde, un four allumé depuis le matin, des bougies sur la table : la tenue d’un repas de famille vit dans un environnement chaud, et parfois tout près d’une flamme. C’est un critère de choix aussi important que la couleur, et le plus souvent oublié.
Près d’une flamme, la laine a un avantage décisif. L’Organisation internationale du textile lainier (IWTO) rappelle que la laine s’enflamme difficilement, entre 570 et 600 °C, contre 255 °C pour le coton, et surtout qu’elle ne fond pas : « Wool does not melt, unlike polyester and nylon, which melt at 252-292°C and 160-260°C respectively ». Une fibre qui fond colle à la peau ; la laine, selon la même source, ne colle pas à la peau, même chaude.
Deux réflexes de bon sens en découlent. Les manches amples, les franges et les étoles flottantes se tiennent loin des bougies et des plaques de cuisson, quelle que soit leur matière. Et pour celle qui cuisine, un pull fin en laine mérinos ou une maille en laine mélangée vaut mieux qu’un top en polyester brillant, aussi joli soit-il.
Le pull de Noël au repas de famille, en pièce forte
Le repas de Noël en famille est l’un des rares moments où un pull à motifs festifs est admis, et souvent même attendu. La seule condition pour qu’il reste chic est de le traiter comme une pièce forte : un pull de Noël, et autour de lui des pièces sobres (pantalon noir, jupe unie, bijoux discrets). Les façons de le porter au féminin sont réunies dans le guide pour assumer le pull de Noël avec style.
Un pull porté des heures à même la peau mérite aussi un coup d’œil à l’étiquette. Le label OEKO-TEX Standard 100 signale un textile testé pour les substances nocives, et ses exigences augmentent avec le contact : « Stricter human ecology requirements must be met, the more intensive the skin contact and the more sensitive the skin is. » Pour une peau qui réagit à la laine, une base fine en coton ou en soie glissée dessous règle souvent la question.
Si le pull de Noël est une tradition chez vous, ou si vous voulez l’instaurer, la boutique www.lepullmoche.shop en propose un large choix, des jacquards sages aux motifs les plus drôles ; elle a d’ailleurs le même éditeur que ce magazine, autant le savoir en lisant cette suggestion.
Un pull de Noël doit pouvoir se retirer à tout moment : gardez dessous une base présentable, et il restera une couche parmi d’autres plutôt qu’une tenue dont on ne peut plus sortir quand la pièce chauffe.
Superposer plutôt que choisir : la tenue en trois couches
La température d’un repas de famille change d’heure en heure : fraîche à l’arrivée, étouffante au plat principal, de nouveau fraîche pendant la promenade de l’après-midi. La réponse tient en trois couches, qui s’enlèvent sans défaire la tenue.
- Une base fine : un top en soie, un tee-shirt en coton de belle qualité ou un body en maille, qui reste présentable seul quand la pièce surchauffe.
- La pièce qui fait l’élégance : une blouse, un pull fin ou un cardigan à boutons bijoux, portés par-dessus.
- La couche du dehors : un manteau et une écharpe en laine ou en cachemire pour le tour du quartier entre le fromage et la bûche.
Le cardigan est la pièce la plus utile de cette méthode : ouvert sur une blouse, il habille ; retiré, il laisse une tenue complète. Il permet aussi de passer sans effort de la tablée des adultes au tapis de jeux des enfants, ce que ne permet pas une veste de tailleur.
Chaussures : rester debout en cuisine, assise à table
Les chaussures sont la pièce qu’on regrette le plus vite. Pour celle qui reçoit, oubliez le talon fin : une ballerine structurée, un mocassin ou une bottine à petit talon carré permettent de rester debout en cuisine sans y penser. Pour l’invitée, la question se pose autrement, car dans certaines familles on se déchausse à l’entrée.
Dans ce cas, des chaussons élégants valent mieux qu’une paire de chaussettes : une mule en velours, un chausson en feutre de laine ou une ballerine d’intérieur restent dans l’esprit de la fête. Les modèles qui ont de l’allure sont passés en revue dans notre sélection de chaussons et pantoufles chics. Glissez-les dans votre sac : c’est aussi une attention pour la maîtresse de maison, qui n’aura pas à en prêter.
Trois tenues de repas de famille, selon votre rôle
Celle qui reçoit
Un pantalon large en crêpe noir à taille élastique, un pull fin en mérinos bordeaux aux manches ajustées (elles ne traînent ni dans la sauce ni près des bougies), des mocassins. Un tablier par-dessus pendant la cuisine, retiré au moment de passer à table, et des boucles d’oreilles dorées qui font tout le travail.
L’invitée
Une robe portefeuille en jersey mi-longue, des collants opaques, des bottines à petit talon. Un cardigan long pour l’arrivée et la promenade, et un sac à main compact qui n’encombre pas l’entrée déjà pleine de manteaux.
Celle qui jouera avec les enfants
Un pantalon souple ou une jupe plissée assez longue pour s’asseoir par terre, un pull de Noël sur une base en coton, des chaussures plates. Les bijoux restent courts : les petites mains adorent les sautoirs.
Si la fête continue le soir, ou si le réveillon se célèbre sur un autre registre, les tenues de réveillon prennent le relais avec davantage d’éclat.
Vos questions
Quelle tenue porter pour un repas de Noël en famille ?
Une tenue de type smart casual : une pièce habillée (blouse, pull fin de belle matière, robe en maille) sur une taille qui ne serre pas, avec des chaussures confortables. Superposez une base fine, une pièce élégante et un cardigan pour suivre la chaleur de la pièce. En cas de doute sur le niveau d’élégance attendu, montez d’un cran plutôt que d’en descendre.
Peut-on porter un jean au repas de Noël ?
Tout dépend de la famille. Pour le code smart casual, l’institution britannique Debrett’s juge le denim, même de créateur, probablement trop décontracté. Dans une maison très détendue, un jean foncé bien coupé et sans usure, porté avec une blouse en soie ou un beau pull, passe sans difficulté ; si la table est dressée avec nappe et argenterie, préférez un pantalon habillé.
Robe ou pantalon pour le déjeuner de Noël ?
Les deux conviennent, à condition que la taille ne serre pas. Côté robes, la robe portefeuille et la robe pull en maille fine sont les plus confortables ; côté pantalons, le modèle large à taille haute, souvent à ceinture élastique. Si vous devez cuisiner ou vous asseoir par terre avec les enfants, le pantalon a l’avantage.
Comment rester élégante quand on cuisine pour toute la famille ?
Choisissez des manches ajustées ou retroussables, tenues loin des plaques et des bougies, et une matière qui ne fond pas, comme la laine plutôt qu’un synthétique brillant. Portez un tablier pendant la préparation et retirez-le pour passer à table. Des chaussures plates ou à petit talon carré, et des bijoux qui ne pendent pas au-dessus des casseroles, complètent la tenue.