Le pull de Noël : comment l’assumer avec style
Un pull de Noël devient élégant quand il est la seule pièce qui fait la fête. Motifs, silhouettes, finitions : comment l’assumer, du dîner chic à la soirée kitsch.
Un pull de Noël se porte avec style quand il est la seule pièce qui fait la fête : un jacquard ou un renne, et autour de lui des matières sobres, une coupe nette, une couleur reprise. De cette règle découle tout le reste, du dîner élégant à la soirée où le kitsch est de rigueur.
La règle du contraste : une seule pièce fait la fête
Le pull de Noël devient élégant par contraste. Plus il est chargé (motifs, pompons, relief), plus le reste de la tenue doit se taire : pantalon uni, jupe sans imprimé, chaussures lisses, bijoux discrets. Un renne brodé sur une maille rouge, porté avec un pantalon noir bien coupé et des bottines cirées, a l’air voulu. Le même pull sur un pantalon à carreaux, avec un serre-tête à clochettes, ressemble à un costume.
La deuxième règle tient à la ligne. Un pull de Noël trop ample, qui tombe sur les hanches, alourdit la silhouette et renforce l’effet déguisement. Rentré devant dans une taille haute, ou porté court au-dessus d’une jupe longue, il retrouve une allure. S’il est large, choisissez un bas ajusté ; s’il est près du corps, osez un bas plus ample.
La troisième règle est la plus simple : reprendre une couleur du motif ailleurs dans la tenue. Le vert d’un sapin sur un sac, le rouge d’un nez de renne sur les lèvres, l’écru d’un flocon dans le col d’une chemise qui dépasse. Cette répétition donne au pull l’air d’une pièce choisie, et non d’un vêtement attrapé à la dernière minute.
Jacquard géométrique ou renne en relief : deux registres
Les pulls de Noël se partagent entre deux familles de motifs, qui ne se portent pas de la même façon. Les motifs géométriques (flocons stylisés, étoiles, losanges, frises) viennent de la tradition du tricot jacquard ; les motifs figuratifs (rennes, pères Noël, sapins décorés, bonshommes de neige) viennent de la fête et de l’humour.
La tradition dont s’inspirent les jacquards de Noël est d’ailleurs très peu figurative. L’association britannique Heritage Crafts, qui considère le tricot de Fair Isle comme un savoir-faire menacé sur l’île où il est né, le décrit comme un tricot de pure laine des Shetland, à deux couleurs au plus par rang, et précise : « Figurative patterns are very rarely seen. » Les rennes sont un ajout de la fête, pas un héritage.
Le choix pratique en découle. Un jacquard géométrique en laine se porte de décembre à février sans avoir l’air saisonnier : c’est un pull d’hiver avant d’être un pull de Noël. Un motif figuratif appartient aux fêtes ; il s’assume pleinement de l’Avent au jour de l’An, puis retourne sagement au placard.
Ce que le Fair Isle a appris aux podiums
Le pull à motifs n’a pas attendu les soirées pull moche pour être à la mode. Dans son article sur les traditions de tricot des îles Britanniques et de l’Irlande, le Victoria and Albert Museum rappelle que le pull Fair Isle est plus récent qu’on ne le croit : « Sweaters in the Fair Isle style – as it's known today – were not produced until the First World War. » Le musée décrit des bandes horizontales de motifs tricotées avec deux fils de couleurs différentes, faites de croix, de losanges et d’étoiles à huit branches.
La vogue est venue dans les années 1920, grâce en partie au prince de Galles, qui en portait un pour jouer au golf ; les tons naturels, brun, gris et blanc, étaient alors préférés. Le même article note que ce motif est régulièrement réinterprété sur les podiums, et que le créateur américain Ralph Lauren a glissé un pull Fair Isle dans sa toute première collection.
La leçon de style est directe : les pulls à motifs les plus chics sont souvent les plus sobres en couleurs. Deux ou trois teintes, un fond neutre (écru, gris chiné, marine, brun), des motifs réguliers. C’est cette retenue qui permet de glisser un jacquard de fête sous une veste de tailleur.
Le kitsch, un jeu qui a ses règles
Le pull de Noël moche est devenu un jeu collectif, et c’est ce qui le rend portable. Au Royaume-Uni, le Christmas Jumper Day de Save the Children, lancé en 2012, invite écoles, bureaux et groupes d’amis à enfiler leur plus beau (ou leur pire) pull de Noël en échange d’un don. L’ONG y voit l’occasion de « commit some crimes against fashion » pour la bonne cause : porté dans ce cadre, le pull le plus improbable devient une marque d’humour, pas une faute de goût.
Le cinéma a donné au genre son moment de gloire. Dans Le Journal de Bridget Jones, Mark Darcy apparaît au buffet du jour de l’An chez les parents de Bridget dans un pull à col roulé vert foncé orné d’un grand renne au nez rouge, que la fiche de vente du pull chez Propstore décrit en détail. Plus tard, Bridget lui glisse, ironique, qu’elle regrette « not to see my favourite reindeer jumper again ». Le personnage porte ce pull avec un sérieux absolu, et c’est ce décalage qui rend la scène inoubliable.
Pour trouver le pull qui correspond à votre humeur, rien ne vaut un large choix sous les yeux. La sélection Le Pull Moche côté femme réunit des pulls de tous les styles, vintage, nordiques, drôles ou franchement moches ; précision : Le Pull Moche et ce magazine ont le même éditeur, à vous d’en tenir compte en la parcourant.
Cinq silhouettes qui fonctionnent
Un pull de Noël s’accorde avec presque tout, à condition de décider de l’humeur de la tenue. Voici cinq associations qui tiennent, de la plus sage à la plus festive.
Avec un pantalon à pinces et des mocassins
La version la plus élégante pour la journée : un jacquard géométrique, un pantalon de laine à pinces, des mocassins cirés et une ceinture fine. L’esprit est celui d’un week-end à la campagne, pas d’un déguisement.
Avec un col de chemise et un jean brut
Une chemise blanche ou rayée sous le pull, dont seuls le col et les poignets dépassent, et un jean brut coupe droite. Ce détail de col suffit à donner une allure soignée au modèle le plus festif.
Sous un manteau long, porté ouvert
Dehors, c’est le manteau qui encadre le pull. Un manteau camel, gris ou marine, laissé ouvert, montre le motif comme un tableau dans son cadre. Un pantalon large de la couleur du manteau allonge la silhouette.
Avec une jupe longue en satin ou en velours
Le contraste entre la maille et une matière qui brille fait tout. Un pull court ou rentré, une jupe midi en satin ou en velours, des bottes à talon fin : la tenue passe d’un apéritif entre amis à un dîner de fête. Pour prolonger l’idée, nos tenues de réveillon déclinent ce jeu des matières.
En total look kitsch, pour une soirée à thème
Pour une soirée pull moche, faites l’inverse de tout ce qui précède : relief, pompons, guirlande lumineuse, serre-tête et chaussettes assorties. Dans ce registre, le style consiste à aller au bout de l’idée plutôt que de s’arrêter à mi-chemin.
Les finitions qui changent tout
Les détails décident si un pull de Noël a l’air choisi. Le col d’abord : un col rond net accueille une chemise dessous ; un col roulé se suffit à lui-même et appelle des boucles d’oreilles plutôt qu’un collier. Les bijoux ensuite : de l’or ou du laiton doré sur un rouge, de l’argent sur un bleu nuit ou un gris, et une seule pièce forte à la fois.
Les chaussures donnent le ton. Des bottines lisses ou des mocassins tirent le pull vers l’élégance, des baskets blanches vers la décontraction du week-end, des escarpins en velours vers la soirée. Côté beauté, un rouge à lèvres franc répond aux motifs rouges, et un chignon bas dégage l’encolure d’un col roulé.
Matière et seconde main : un pull qu’on garde
Un pull de Noël qu’on assume longtemps se choisit dans une matière qu’on a plaisir à porter. Une laine douce ou un mélange de laine et de cachemire se ressort chaque hiver ; un acrylique qui gratte ne sort qu’une soirée. Si la fibre noble vous tente, notre guide pour reconnaître un cachemire de qualité aide à juger une maille avant de l’acheter.
La seconde main est une excellente adresse pour les pulls de fête : les modèles d’autrefois, aux couleurs franches et aux motifs naïfs, ont un charme que le neuf imite rarement. Les organisateurs du Christmas Jumper Day le conseillent eux-mêmes : « Need a knit? Don't buy new - you can get one secondhand and save the planet and your wallet. » Pour chiner au-delà du pull, notre guide du vintage à Noël passe en revue les pièces qui valent le détour.
Selon l’occasion, dosez la fête
Le pull de Noël s’adapte au lieu dès qu’on dose le motif. Pour un dîner élégant, un jacquard sobre sous une veste de tailleur ou avec une jupe en satin ; le renne en relief reste à la maison. Pour une soirée à thème, allez au bout du kitsch : c’est tout l’intérêt.
Au repas de famille, le pull de Noël est dans son élément : un motif gai, une maille confortable, un bas qui supporte un long déjeuner. Nos idées pour une tenue de repas de famille, chic mais confortable complètent ce registre. Seule vraie limite : les événements formels, mariage d’hiver ou dîner protocolaire, où un pull de fête détonne quel que soit son style.
Vos questions
Comment porter un pull de Noël sans avoir l’air déguisée ?
Faites du pull la seule pièce festive de la tenue : un bas uni, des chaussures lisses, des bijoux discrets. Choisissez une coupe qui marque la silhouette, rentrée dans une taille haute ou courte sur une jupe longue, et reprenez une couleur du motif ailleurs, sur les lèvres ou le sac. Un jacquard géométrique fait moins costume qu’un motif figuratif en relief.
Avec quoi porter un pull de Noël pour une soirée ?
Avec une matière qui brille : une jupe midi en satin ou en velours, des bottes à talon fin ou des escarpins en velours, un bijou doré. Le contraste entre la maille et le satin transforme le pull en pièce de soirée. Pour une soirée pull moche, faites au contraire le choix du total look kitsch, assumé jusqu’aux chaussettes.
Peut-on porter un pull de Noël après les fêtes ?
Oui, si son motif est géométrique : flocons stylisés, étoiles, losanges ou frises jacquard se portent tout l’hiver, comme n’importe quel pull à motifs. Un modèle figuratif, avec renne, père Noël ou sapin décoré, reste attaché aux fêtes et se range après le jour de l’An.
Comment reconnaître un vrai pull Fair Isle ?
Au sens strict, un vrai Fair Isle est tricoté sur l’île de Fair Isle, entre les Orcades et les Shetland, par une personne qui y réside, selon l’association Heritage Crafts. Le tricot traditionnel utilise de la laine des Shetland, deux couleurs au plus par rang et des motifs géométriques, presque jamais figuratifs. Le mot désigne aussi, plus largement, la technique du jacquard à deux couleurs par rang, pratiquée bien au-delà de l’île.