Lingerie fine à offrir pour Noël : le bon choix
Offrir de la lingerie fine à Noël se réussit avec la bonne taille, ou avec une pièce qui s’en passe. Matières, dentelle de Calais-Caudry, budget et tact.
Offrir de la lingerie fine à Noël réussit à une condition : connaître la taille et le goût de celle qui la portera, ou choisir une pièce qui se passe de taille exacte. Entre une compagne et une amie, d’ailleurs, le bon cadeau n’est pas le même.
À qui offrir de la lingerie fine
La lingerie fine s’offre dans un cercle étroit. Entre partenaires, c’est un classique, à une réserve près : on l’offre pour elle, selon son goût, pas selon le sien. Une femme qui porte du coton uni tous les jours ne se sentira pas forcément fêtée par un ensemble de dentelle rouge.
Pour une mère, une sœur ou une amie très proche, la lingerie de nuit et de confort est le bon registre : peignoir, pyjama, caraco, nuisette ample. La lingerie de séduction se réserve au couple. Et pour une collègue ou une connaissance, on choisit autre chose, sans hésiter.
Côté couleur, restez proche de ce qu’elle porte déjà : l’ivoire, le noir et le nude se glissent sous toutes les tenues, alors qu’un rouge de Noël fait sourire le soir même puis dort souvent au fond du tiroir, sauf chez celle qui en porte volontiers.
Mon parti pris : en cas de doute sur la relation ou sur la taille, une belle pièce de nuit en soie vaut mieux qu’un soutien-gorge approximatif. Elle dit la même attention, sans risque de malaise.
Les pièces qui pardonnent une taille approximative
Certaines pièces de lingerie fine se choisissent en S, M ou L, et laissent de la marge :
- Le kimono ou le peignoir en soie, en satin ou en coton, qui se croise et se noue : la pièce la plus sûre de toutes.
- La nuisette ample à bretelles réglables, coupée dans le biais.
- Le caraco, qui se porte la nuit comme sous une veste de tailleur.
- Le pyjama en soie ou en coton fin, avec un pantalon à taille élastique.
- La brassière sans armature en dentelle extensible, plus tolérante qu’un soutien-gorge structuré.
À l’inverse, un soutien-gorge à armatures est le cadeau le plus risqué : sans la taille exacte, et idéalement sans connaître la forme qu’elle porte déjà, mieux vaut s’abstenir. Pour choisir une pièce en soie, notre dossier sur la soie et ses étoffes explique ce qui distingue un twill, un satin et un crêpe, et comment les entretenir.
Trouver sa taille sans la lui demander
Une taille de soutien-gorge française s’écrit avec un nombre et une lettre : le nombre correspond au tour de dessous de poitrine, la lettre au bonnet. Les deux comptent, et une erreur sur l’un ou l’autre suffit à rendre la pièce importable.
Le moyen le plus fiable reste l’étiquette d’une pièce qu’elle porte souvent, celle qui a visiblement servi, pas celle qui dort au fond du tiroir. Notez la marque et le modèle en même temps que la taille : d’une marque à l’autre, les coupes diffèrent, et la même taille ne tombe pas de la même façon. À défaut, une sœur ou une amie proche saura souvent vous renseigner. Et si aucune piste ne se présente, renoncez au soutien-gorge : une pièce de nuit ou une brassière en dentelle extensible dira la même attention, sans le risque.
Dans tous les cas, achetez là où l’échange est possible, vérifiez avant de payer le délai et les conditions d’échange des sous-vêtements, et demandez un ticket cadeau sans prix. C’est lui qui transforme une taille approximative en cadeau réussi.
La dentelle de Calais-Caudry, la plus belle à offrir
La dentelle de Calais-Caudry est une dentelle tissée sur des métiers Leavers, et elle se distingue de la dentelle tricotée, bien plus répandue. Le site du label Dentelle de Calais-Caudry, tenu par la Fédération française des dentelles et broderies, précise que la France possède 80 % des métiers Leavers du monde, tous concentrés à Calais et à Caudry, et qu’une demi-douzaine de dentelliers de Calais fournissent les grandes marques internationales de lingerie et de corsetterie.
Le label est né en 1958, sous le nom de Dentelle de Calais, pour éviter la confusion avec cette dentelle tricotée. Il est réservé à la dentelle Leavers tissée à Calais ou à Caudry par les fabricants affiliés à la fédération, et beaucoup de marques accrochent à leurs pièces son étiquette volante numérotée. Ce numéro, inscrit au dos de l’étiquette, se saisit sur le site du label pour identifier la dentelle : le moyen le plus simple de vérifier un cadeau.
En 2015, le label a pris le nom des deux villes, Dentelle de Calais-Caudry, sans que sa définition change. Offrir une pièce en dentelle de Calais-Caudry, c’est offrir une étoffe qui ne se fabrique nulle part ailleurs.
Soie, satin, coton, dentelle : ce que la matière change
La matière d’une pièce de lingerie fine décide de son confort autant que de sa beauté.
- La soie est légère et douce sur la peau ; elle demande un lavage délicat, souvent à la main.
- Le satin est une armure de tissage, pas une fibre : un satin peut être de soie comme de polyester. Seule l’étiquette de composition le dit.
- Le coton est le plus confortable au quotidien, idéal pour une pièce de nuit que l’on portera vraiment.
- La dentelle habille tout le reste : Leavers pour les plus belles pièces, tricotée pour les pièces plus courantes.
Pour une peau sensible, le coton ou la soie au contact direct sont les choix les plus doux, la dentelle se gardant pour les bords et les bretelles.
Pour une pièce portée à même la peau, un label textile rassure. La présentation du label Oeko-Tex par le site Marques de France explique que son Standard 100 répartit les textiles en quatre classes, la deuxième visant « les produits les plus en contact avec la peau (sous-vêtements, vêtements, linges de lit,…) ». Le numéro du label se vérifie sur le site officiel d’Oeko-Tex, et la certification se renouvelle chaque année.
Le soutien-gorge est né à Paris, et sa maison existe toujours
Le soutien-gorge moderne est une invention parisienne, et la maison qui l’a lancé vend encore de la lingerie. RetroNews, le site de presse ancienne de la BnF, raconte l’histoire d’Herminie Cadolle, communarde et amie de Louise Michel : « c’est elle qui inventa, en 1889, le premier soutien-gorge moderne, dont elle déposa le brevet en 1898. » Son idée : couper en deux le corset traditionnel, pour libérer le ventre et l’estomac.
La maison raconte elle-même cette naissance sur la page d’histoire de Cadolle : « C’est au cours de l’exposition universelle de 1889 qu’Herminie Cadolle expose sa nouvelle invention ». La suite de sa chronique passe par la rue Cambon, où la maison s’installe en 1911, puis par la guêpière mise au point en 1947 avec le couturier Marcel Rochas. La maison propose aussi du sur-mesure.
Pour un cadeau, cette histoire compte : une pièce d’une maison de corseterie parisienne raconte quelque chose, ce que ne fait pas un ensemble anonyme. C’est aussi un cadeau d’exception, dont le prix se découvre sur la page de la maison avant de se décider.
Quel budget prévoir, franchement
La lingerie fine coûte ce que coûtent sa matière et sa construction. Un soutien-gorge à armatures demande plus de pièces et de montage qu’une brassière ; une dentelle Leavers, plus rare, se paie en conséquence ; la soie coûte plus cher que le coton.
Une seule belle pièce plutôt qu’un ensemble complet médiocre. Un caraco en soie seul, bien coupé, fait un plus beau cadeau qu’un ensemble trois pièces dans une dentelle qui gratte. Et un ensemble en dentelle tricotée bien ajusté vaut mieux qu’une dentelle prestigieuse dans la mauvaise taille.
Si le budget ou la relation ne s’y prêtent pas, nos cadeaux de Noël pour elle, classés du plus modeste au plus généreux, ouvrent d’autres pistes, tout aussi personnelles.
Offrir avec tact : le moment, la carte, l’échange
La lingerie fine s’offre en tête-à-tête, pas au pied du sapin devant toute la famille. Gardez-la pour le moment où vous êtes seuls, ou déposez-la à part avec une carte. Le mot qui l’accompagne parle d’elle, de son élégance, jamais d’un sous-entendu.
Glissez le ticket cadeau dans la boîte, sans le prix : proposer l’échange, c’est montrer que le cadeau est pour elle. Une boîte sobre et du papier de soie suffisent à la présentation.
Enfin, pensez à la suite : un caraco en soie se porte aussi sous une veste de smoking le soir du réveillon, et nos tenues de réveillon montrent comment. Une pièce de lingerie qui sort de la chambre est souvent celle qu’on porte le plus.
Vos questions
Est-ce déplacé d’offrir de la lingerie à Noël ?
Entre partenaires, non, à condition de choisir selon son goût à elle et de l’offrir en privé. Pour une mère, une sœur ou une amie proche, la lingerie de nuit et de confort, comme un peignoir, un pyjama ou un caraco, reste dans le bon registre. Pour une collègue ou une simple connaissance, mieux vaut choisir un autre cadeau.
Comment connaître la taille de soutien-gorge d’une femme sans lui demander ?
Relevez l’étiquette d’un soutien-gorge qu’elle porte souvent : la taille française associe un nombre, le tour de dessous de poitrine, et une lettre, le bonnet. Notez aussi la marque et le modèle, car la même taille ne tombe pas de la même façon d’une marque à l’autre. Achetez là où l’échange est possible, avec un ticket cadeau.
Comment reconnaître une vraie dentelle de Calais-Caudry ?
Cherchez l’étiquette volante du label Dentelle de Calais-Caudry : elle porte un numéro au dos, que l’on saisit sur le site du label pour identifier la dentelle. Le label est réservé à la dentelle tissée sur métiers Leavers à Calais ou à Caudry par les fabricants affiliés à la Fédération française des dentelles et broderies.
Comment laver de la lingerie fine ?
Suivez l’étiquette d’entretien de chaque pièce. En général, la soie et la dentelle se lavent à la main, à l’eau tiède, avec un détergent doux, sans frotter ni tordre. Les soutiens-gorge à armatures se lavent agrafés, dans un filet si le lavage en machine est autorisé, et sèchent à plat, loin d’une source de chaleur.