L’étalage, d’après le texte de Zola
L’étalage est, dans Au Bonheur des Dames, un art dont Octave Mouret est le maître : Zola en fait le premier étalagiste de Paris, fondateur de l’école du brutal et du colossal. Là où Hutin cherche l’harmonie des nuances, Mouret veut des écroulements de couleurs vives, et des clientes qui sortent avec mal aux yeux.
Le roman aligne ses compositions : le salon oriental de tapis du Levant et la cataracte de soies du chapitre IV, les ombrelles ouvertes comme des boucliers et le chalet suisse en gants de Mignot au chapitre IX, puis la grande exposition de blanc du dernier chapitre. Dès le premier chapitre, des glaces multiplient dans les vitrines des mannequins sans tête qui portent leur prix à la place du visage.
Mouret applique la même idée à la disposition des rayons : au chapitre IX, il disperse les comptoirs pour obliger les clientes à traverser tout le magasin.
Si le roman vous intimide, commencez par le chapitre de la citation : Zola y donne le ton en quelques pages.