Photo en noir et blanc d'une femme aux longs cheveux clairs, vue de dos, qui soulève les pans d'un long manteau noir dans une rue
Photographie de Aleksandar Radovanovic, Pexels, Licence Pexels.

Le manteau d’hiver parfait : guide d’achat

Un manteau d’hiver se choisit dans l’ordre : composition, coupe, couleur, puis prix. Étiquette, essayage, entretien : le guide pour un manteau de plusieurs hivers.

Par Victoire Deslandes7 min de lecture

Un manteau épais n’est pas forcément un manteau chaud : ce qui tient chaud, c’est la matière, et l’étiquette de composition la dit avant tout le reste. Un manteau d’hiver femme se juge donc dans cet ordre : l’étiquette, la coupe sur vos épaules, puis la couleur. Le prix vient en dernier, et il ne se justifie que par les deux premiers.

Commencer par l’étiquette de composition

L’étiquette de composition d’un manteau est obligatoire, et elle dit presque tout de sa chaleur. Le règlement européen sur l’étiquetage des textiles fixe la manière de l’écrire, et sa synthèse publiée par EUR-Lex est limpide : « Les produits textiles composés de plusieurs fibres doivent comporter sur leur étiquetage la dénomination et le pourcentage en poids de toutes les fibres présentes, par ordre décroissant. »

Trois conséquences pratiques, à vérifier en magasin comme en ligne :

  • Une fibre mise en avant dans la publicité mais placée loin dans la liste pèse peu. Un manteau présenté comme un manteau en cachemire, dont le cachemire arrive en troisième position, est d’abord un manteau d’autre chose.
  • Les termes « 100 % », « pur » ou « tout » sont réservés aux produits composés d’une seule fibre textile.
  • Les mentions « laine vierge » ou « laine de tonte » désignent une laine qui n’a jamais été incorporée auparavant dans un produit fini.

La synthèse d’EUR-Lex relève aussi un détail que l’on oublie : « Pour les produits textiles constitués de deux parties textiles ou plus n’ayant pas la même composition en fibres textiles, la composition fibreuse de chacune des parties doit être indiquée. » La doublure a donc sa propre ligne. En général, une doublure en viscose ou en cupro absorbe mieux la transpiration qu’une doublure en polyester, plus vite moite sous un pull épais. Enfin, un col de fourrure ou des empiècements de cuir sont signalés par la phrase « Contient des parties non textiles d’origine animale ».

Pourquoi un manteau en laine tient chaud

Un manteau en laine tient chaud parce que la fibre emprisonne de l’air. The Woolmark Company, qui promeut la laine auprès de l’industrie textile, l’explique par l’ondulation naturelle de la fibre, qui crée de petites poches d’air isolantes. La même organisation souligne que la laine respire : elle entretient sous le vêtement un climat plus sec, ce qui compte quand on passe du froid de la rue à la chaleur d’un magasin ou d’un métro.

La laine sert aussi de garnissage. Woolmark avance qu’un rembourrage en laine offre la même chaleur qu’un rembourrage en polyester avec 25 % de poids en moins, un chiffre à lire comme ce qu’il est, l’argument d’un organisme de promotion. Elle cite en exemple une doudoune entièrement garnie de laine au lieu de duvet, conçue par la marque Colovos, lauréate de l’International Woolmark Prize.

Pour un manteau en drap de laine, la densité compte autant que la composition : un drap serré et épais coupe mieux le vent qu’un lainage lâche. Tenez le tissu devant une lumière ; moins elle passe, mieux il protège. Et si vous hésitez devant un manteau en cachemire, notre guide pour reconnaître un cachemire de qualité détaille ce qui distingue une belle fibre d’un simple argument de vente.

Drap de laine, doudoune, trench : trois manteaux pour trois hivers

Trois grandes familles de manteaux se partagent l’hiver, et aucune ne fait tout.

Trois familles de manteaux d’hiver
ManteauSa forceSa limite
Drap de laineChaud, respirant, élégant sur une robe comme sur un jeanLourd s’il est très dense ; n’aime pas l’averse prolongée
DoudouneLa plus chaude pour son poids, selon son garnissage (duvet, fibre synthétique ou laine)Du volume, et une allure moins habillée
Trench en gabardineCoupe la pluie tout en respirantNe tient pas chaud seul par grand froid

Le trench mérite qu’on s’y arrête, car on le range à tort dans les manteaux de mi-saison. L’histoire du trench racontée par Burberry rappelle qu’il est taillé dans la gabardine, un tissu inventé par le fondateur de la maison en 1879, dont le tissage ouvert laisse respirer le corps tout en repoussant la pluie. Sur un pull épais, ou doublé d’une doublure amovible en laine quand le modèle en prévoit une, il traverse les hivers doux des villes de l’ouest et du littoral.

Si vous ne devez avoir qu’un manteau, prenez le drap de laine. La doudoune et le trench viennent ensuite, selon votre climat et vos trajets.

Les coupes de manteau et ce qu’elles font à la silhouette

La coupe d’un manteau d’hiver femme compte autant que sa matière, parce qu’elle se porte par-dessus tout le reste.

  • Le manteau droit est le plus polyvalent : il tombe sur un pantalon, une jupe ou une robe sans rien imposer.
  • Le manteau croisé structure le buste et donne une épaule nette ; sur une poitrine généreuse, le double boutonnage ajoute du volume.
  • Le manteau portefeuille à ceinture marque la taille et s’ouvre joliment sur une robe du soir.
  • Le manteau cocon ou oversize, épaules tombantes et volume généreux, demande des jambes affinées dessous : pantalon étroit, collants opaques, bottes.

La longueur change tout. Au genou, le manteau va avec tout. À mi-mollet, il devient élégant sur des bottes et des robes longues, un peu moins sur un pantalon court. Le caban, arrêté aux hanches, se réserve aux pantalons. Si vous construisez une garde-robe resserrée, le manteau est la première pièce à arrêter pour une garde-robe capsule d’hiver, parce qu’il recouvre toutes les autres.

L’essayage : six gestes qui révèlent un bon manteau

Un manteau d’hiver s’essaie en bougeant, pas en posant devant le miroir. Six gestes suffisent :

  1. Venez avec le pull le plus épais que vous porterez dessous, ou demandez à en essayer un.
  2. Boutonnez tout, puis croisez les bras devant vous : le dos ne doit pas tirer entre les omoplates.
  3. Levez les bras comme pour attraper un bagage en hauteur : la manche peut remonter un peu, mais le manteau ne doit pas se soulever tout entier.
  4. Asseyez-vous : les boutons du bas ne doivent pas bâiller, et la fente arrière doit s’ouvrir sans forcer.
  5. Regardez vos épaules de profil : la couture tombe au bout de l’épaule, sauf coupe à épaules tombantes voulue.
  6. Retournez un pan : doublure cousue proprement, coutures régulières, boutons fermement fixés, poches assez profondes pour une main gantée.

Un bouton de rechange cousu à l’intérieur et une doublure qui descend jusqu’aux manches sont de bons signes : ils disent qu’on a pensé au manteau après la vente.

Quelle couleur pour un manteau que l’on garde des années

Pour un manteau unique, quatre couleurs traversent les modes : le camel, le marine, le gris anthracite et le noir. J’ai un faible pour le camel, qui éclaire le visage en plein hiver et s’accorde aussi bien au noir qu’au denim. Le marine est plus doux que le noir sur un teint clair ; le gris anthracite pardonne tout.

Un deuxième manteau peut oser davantage : un bordeaux, un vert sapin ou un écru se portent très bien pendant les fêtes. Dans tous les cas, pensez à ce qui s’y posera au cou. Un manteau neutre laisse toute la place à la couleur de l’écharpe, et notre guide pour choisir une écharpe en laine ou en cachemire aide à composer le duo.

Entretenir un manteau en laine

Un manteau en laine s’entretient surtout en évitant de le laver. Brossez-le après usage avec une brosse à vêtements, dans le sens du tissu, aérez-le une nuit s’il a pris l’humidité, et suspendez-le sur un cintre large qui respecte les épaules. Ne le faites jamais sécher contre un radiateur.

Pour le reste, l’étiquette d’entretien fait foi, et ses symboles suivent une norme internationale. Pour une veste ou un manteau en laine, la norme donne cet exemple de séchage :

Séchage par égouttage à plat, à l’ombre. Vestes en laine par exemple.

GINETEX, les symboles d’entretien de la norme ISO 3758

Le cercle, lui, concerne le nettoyage professionnel : « Les lettres dans le cercle sont destinées aux nettoyeurs textiles professionnels. » Un cercle sur l’étiquette indique le traitement que le pressing peut appliquer : montrez-la-lui. Entre deux saisons, rangez-le propre, dans une housse en coton plutôt qu’en plastique, et traitez les bouloches avec un rasoir à textile plutôt qu’avec les doigts.

Ce que le prix d’un manteau doit vous donner

Le prix d’un manteau d’hiver se justifie par des choses que l’on peut vérifier : une fibre chaude en tête de liste, un drap dense, une doublure qui respire, des finitions propres et une coupe qui tient à l’essayage. Une étiquette de créateur, seule, ne tient pas chaud.

Franchement, c’est la pièce sur laquelle il vaut la peine de dépenser, si vous la portez chaque jour de l’hiver. Un manteau bien construit se porte des années ; un manteau mal coupé ne se portera pas davantage parce qu’il était bon marché. La seconde main est aussi un excellent terrain pour les manteaux en laine, souvent mieux construits qu’on ne le croit : vérifiez simplement l’étiquette, la doublure et l’état des coudes et des poignets.

Vos questions

Quelle matière de manteau tient le plus chaud ?

Pour son poids, une doudoune bien garnie est en général la plus chaude, que son garnissage soit en duvet, en fibre synthétique ou en laine. Pour un manteau habillé, un drap de laine dense et serré coupe bien le vent et respire, ce qui évite d’avoir trop chaud en entrant quelque part. La composition se vérifie sur l’étiquette, où les fibres sont listées par ordre décroissant de poids.

Que veut dire « laine vierge » sur l’étiquette d’un manteau ?

Selon le règlement européen sur l’étiquetage des textiles, la mention « laine vierge » ou « laine de tonte » désigne une laine qui n’a jamais été incorporée auparavant dans un produit fini. Elle ne dit rien, en revanche, de la finesse de la fibre ni de la densité du drap. Regardez aussi la part de laine dans la composition et le poids du tissu.

Peut-on laver un manteau en laine en machine ?

Seulement si son étiquette l’autorise. Le symbole d’une cuve à 30 °C soulignée de deux barres correspond à un lavage très doux, prévu notamment pour la laine lavable en machine. Si l’étiquette montre une cuve barrée, le lavage est interdit et le manteau part au pressing, où le cercle indique le traitement possible. Dans tous les cas, il sèche à plat, à l’ombre.

Faut-il prendre une taille au-dessus pour un manteau d’hiver ?

Pas systématiquement. Essayez le manteau avec le pull le plus épais que vous porterez dessous, boutonnez-le, croisez les bras et asseyez-vous. S’il tire dans le dos ou bâille aux boutons, la taille au-dessus s’impose ; s’il tombe bien, gardez votre taille, car des épaules trop larges se voient tout de suite.