Je propose un fil de lecture, puisque le site porte le nom du roman. Qu'est-ce qui vous reste d'Au Bonheur des Dames, lu il y a longtemps ou relu récemment ?
Pour ma part, c'est la toute première phrase du chapitre I : "Denise était venue à pied de la gare Saint-Lazare, où un train de Cherbourg l'avait débarquée avec ses deux frères". Et ensuite, cette jeune fille qui s'arrête net devant les vitrines.
Bonne lecture à vous.
Ppaule_operaHabitué⬤⬤⬤47 messagesinscrit en 2022Paris
Bon. Ce qui me reste, c'est l'exposition de blanc de la fin, où Zola décline une couleur comme un peintre. Au chapitre XIV : "Rien que du blanc, et jamais le même blanc, tous les blancs s'enlevant les uns sur les autres, s'opposant, se complétant, arrivant à l'éclat même de la lumière." On a vu des soldes moins lyriques.
Llili_dentelleModérateur⬤⬤⬤⬤75 messagesinscrit en 2022Lille
En 1883. La notice de Wikisource donne l'édition G. Charpentier et E. Fasquelle, 1883, et range le livre parmi les romans parus cette année-là. C'est le onzième des Rougon-Macquart : dans la liste de la même page, il vient juste après Pot-Bouille.
Llili_dentelleModérateur⬤⬤⬤⬤75 messagesinscrit en 2022Lille
Ce qui m'a marquée, c'est la guerre entre le grand magasin et les petites boutiques du quartier. Le vieux Baudu dans sa boutique sombre, qui regarde les vitrines d'en face... ça fait penser à bcp de centres-villes d'aujourd'hui.
Ffolio_et_theMembre⬤⬤22 messagesinscrit en 2023Nantes
Oui, et Zola pose le conflit dès le premier chapitre : l'enseigne verte aux lettres jaunes du Vieil Elbeuf, "draps et flanelles", en face des vitrines du Bonheur. Tout le roman tient dans ce bout de trottoir qui sépare les deux maisons.
Bien à vous.
Hhortense_vbHabitué⬤⬤⬤54 messagesinscrit en 2022Strasbourg
À mon humble avis, le personnage le plus moderne, c'est Mouret : il invente des façons de vendre qu'on subit encore. Je peux me tromper, mais relire le roman aujourd'hui, c'est comprendre pourquoi on sort d'un magasin avec ce qu'on n'était pas venue chercher.
Ppaule_operaHabitué⬤⬤⬤47 messagesinscrit en 2022Paris
Bon. Dans le roman, Mouret invente même le retour d'article, et Zola s'en amuse au chapitre IX : il parle d'"un chef-d'œuvre de séduction jésuitique", avec la formule du vendeur : "Prenez toujours, madame : vous nous rendrez l'article, s'il cesse de vous plaire." Tout est dit sur l'achat de trop.
Ccannelle_tlseHabitué⬤⬤⬤51 messagesinscrit en 2022Toulouse
Dans le roman, oui. Dans la réalité, la page Wikipédia du Bon Marché attribue le principe du satisfait ou remboursé aux Boucicaut, qui transforment ce magasin après 1853, avec des prix fixés à faible marge et indiqués sur une étiquette. Zola a observé ce magasin-là, entre autres.
Vviolette_quimperHabitué⬤⬤⬤45 messagesinscrit en 2023Quimper
Le livre, sans hésiter, et à petites doses : un chapitre par soir. Wikisource en compte quatorze, et le texte intégral y est gratuit, chapitre par chapitre.
Bonne lecture à vous.
Nnanou_78Habitué⬤⬤⬤33 messagesinscrit en 2023Versailles
Ce que j'aime chez Zola, ce sont les odeurs : les étoffes neuves, la foule, la chaleur des rayons. On sent le magasin autant qu'on le voit, et c'est rare dans un roman de cette époque.
Hhortense_vbHabitué⬤⬤⬤54 messagesinscrit en 2022Strasbourg
Et Denise, à mon humble avis, reste une héroïne étonnante : elle ne se laisse pas acheter. Je peux me tromper, mais c'est elle qui fait tenir le roman debout, bien plus que les vitrines.
Ffolio_et_theMembre⬤⬤22 messagesinscrit en 2023Nantes
Un détail qui éclaire sa fabrication : d'après l'article de Wikipédia consacré au roman, Zola s'est enfermé à Médan pour l'écrire, du 28 mai 1882 au 25 janvier 1883, après des après-midis entiers passés à observer les grands magasins et à tout noter dans ses Carnets d'enquête. Le roman a été prépublié dans Gil Blas dès décembre 1882.
Bien à vous.
Ppaule_operaHabitué⬤⬤⬤47 messagesinscrit en 2022Paris